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Kasaï Central : « Le gouvernorat n‘est pas un butin », les Insoumis volent au secours du gouverneur Kambulu face à l‘UDPS

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Me Christian Mulamba aux côtés du gouverneur Joseph Moïse Kambulu

Le bras de fer autour du gouvernorat du Kasaï Central s‘élargit. Le mouvement citoyen Les Insoumis a adressé, ce mardi 20 octobre, une lettre ouverte au président et aux députés de l‘Assemblée provinciale pour appeler à la stabilité institutionnelle et à la préservation de l‘intérêt général.

La déclaration, signée de son président national, Me Christian Moretti Mulamba, dont une copie est parvenue à CONGO KASA.COM, réagit aux propos du président fédéral de l‘UDPS/Kananga, Justin Tulume, qui a appelé le gouverneur Joseph Moïse Kambulu à démissionner afin de permettre à un membre de ce parti de diriger l‘exécutif provincial.

« Un espace de partage de postes » refusé

Pour Les Insoumis, la question posée est fondamentale : le gouvernorat doit-il être attribué en fonction des ambitions d‘un parti politique ou de l‘intérêt supérieur de la population ?

Le mouvement affirme que le Kasaï Central « n‘est pas un butin politique » et qu‘il n‘appartient à aucun parti. Il s‘oppose à toute démarche visant le départ du gouverneur au seul motif que la province n‘est pas dirigée par un membre de l‘UDPS.

Selon la déclaration, le fait que le Haut-Katanga, le Kasaï et le Kasaï-Oriental soient dirigés par des gouverneurs issus de ce parti ne constitue pas un argument suffisant pour exiger la même configuration politique au Kasaï Central.

Les Insoumis disent refuser que la province devienne un espace de partage de postes entre formations politiques, que les institutions provinciales servent à régler des comptes et que le développement de toute une population soit sacrifié aux ambitions de quelques individus.

L‘UDPS invitée à regarder son propre bilan

Le mouvement rappelle que l‘UDPS a déjà exercé des responsabilités à la tête de la province. Avant de réclamer à nouveau le gouvernorat, estime-t-il, il serait légitime de soumettre ces expériences passées à une évaluation objective.

La lettre des insoumis pose plusieurs questions : quelles infrastructures ont été réalisées ? Quelles routes ont été réhabilitées ? Quels progrès ont été enregistrés dans l‘éducation, la santé et l‘emploi ? Qu‘est-ce qui a véritablement changé dans le quotidien des populations ?

Les Insoumis précisent toutefois qu‘ils ne prétendent pas que les dirigeants précédents n‘ont rien fait. L‘appartenance à un parti, soulignent-ils, n‘est ni une garantie de compétence ni une preuve de bonne gouvernance. Soutien au gouverneur, mais sous contrôle

Le mouvement soutient le maintien du gouverneur Joseph Moïse Kambulu « dans une logique de stabilité et de continuité de l‘action publique », sans pour autant le soustraire au contrôle des institutions.

Son action, insiste la lettre, doit être évaluée objectivement, et toute décision concernant ses fonctions doit respecter la Constitution et les lois de la République.

Aux députés provinciaux

Les Insoumis demandent de préserver la stabilité institutionnelle sans renoncer à leurs prérogatives constitutionnelles de contrôle. Ils rappellent que l‘Assemblée provinciale et le Gouvernement provincial ont des missions distinctes mais complémentaires : la première exerce le pouvoir législatif et le contrôle parlementaire, le second assure la gestion quotidienne de la province.

Les conséquences de l‘instabilité

Le mouvement met en garde contre les affrontements permanents entre institutions : les projets de développement sont ralentis, les partenaires perdent confiance et la population continue de subir les conséquences de l‘instabilité politique.

Il rappelle que la province a besoin de routes, d‘emplois, d‘infrastructures, d‘investissements, d‘eau, d‘électricité et de meilleurs services publics.

Dans sa conclusion, la lettre invite les députés à privilégier le dialogue institutionnel, le contrôle parlementaire responsable et la recherche de solutions durables. « Le dialogue doit prévaloir sur la confrontation, la légalité sur les ambitions personnelles et le développement sur les calculs partisans », plaide le mouvement citoyen.

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