À l‘occasion de la Journée internationale de la jeune fille, la Commission nationale des droits de l‘homme (CNDH), en partenariat avec le Réseau femmes et développement (REFED) et la coordination provinciale des écoles des Églises de réveil, a organisé une série d‘activités de sensibilisation sur les mariages précoces et les mariages d‘enfants.
Dans ce cadre, la CNDH, en partenariat avec le REFED et la coordination des écoles des Églises de réveil, a mené ce vendredi une activité de sensibilisation à l‘Institut Aigle de Kamayi, dans la ville de Kananga.
Au centre des échanges, les mariages précoces et les mariages d‘enfants, un fléau qui compromet l‘avenir de nombreuses jeunes filles au Kasaï Central.
Les relations amoureuses et la jalousie en milieu scolaire pointées du doigt
Prenant la parole devant les élèves, Rose Tshibuabua, secrétaire exécutive du REFED au Kasaï Central, a exhorté les jeunes filles à abandonner les relations amoureuses et la jalousie en milieu scolaire. Pour elle, ces comportements détournent les élèves de leur objectif principal, qui est d‘étudier, et peuvent les exposer à des grossesses précoces, à l‘abandon scolaire et, à terme, au mariage d‘enfants.
Elle a invité les élèves à se concentrer sur leurs études et à bâtir leur avenir sur des bases solides, rappelant que la réussite scolaire reste l‘un des meilleurs remparts contre les mariages précoces.
Dénoncer pour protéger
Rose Tshibuabua a également encouragé tous les acteurs concernés (parents, enseignants, responsables d‘établissements, leaders communautaires et élèves eux-mêmes) à dénoncer toute relation et tout mariage impliquant des enfants. Selon elle, le silence et la tolérance sociale entretiennent ces pratiques, et la protection de la jeune fille est une responsabilité collective qui exige l‘implication de tous.
L‘école, un lieu d‘apprentissage et d‘expression
De son côté, Me Vincent Kayembe Tshiamumanye, coordonnateur provincial de la CNDH au Kasaï Central, est revenu sur la liberté qui devrait caractériser l‘école, présentée comme un lieu d‘apprentissage et d‘expression des opinions des élèves.
Il a soutenu que l‘école doit être un véritable cadre de travail pour les élèves, au même titre que pour les enseignants, les directeurs et les préfets.
À ses yeux, chaque acteur de la communauté éducative a des droits, mais aussi des devoirs, et l‘élève doit pouvoir s‘exprimer dans le respect des règles de l‘établissement.
Dans cet esprit, Me Vincent Kayembe a appelé les acteurs à éviter tout acte de nature à troubler l‘ordre public. Il a insisté sur le fait que la revendication de ses droits passe par le dialogue, la médiation et les voies légales, plutôt que par la violence ou le désordre.
Naissance du mouvement EMAP
À l‘occasion, la CNDH a mis en place le mouvement Élèves médiateurs et ambassadeurs de la paix (EMAP). Ce réseau doit permettre au consortium CNDH-REFED d‘initier les élèves à la promotion des droits de l‘homme et à la dénonciation de tout cas de violation de leurs droits.
Concrètement, les élèves membres de l‘EMAP deviendront des relais au sein de leur établissement : sensibiliser leurs camarades, prévenir les conflits, et signaler les cas de violences, de harcèlement ou de mariages précoces. L‘initiative vise à faire des élèves des acteurs de leur propre protection, plutôt que de simples bénéficiaires de l‘assistance.
Un engagement pour un climat sain
Le Préfet de l‘Institut Aigle et les élèves n‘ont eu que des mots de remerciement à l‘endroit de la CNDH et du REFED, pour avoir choisi leur école comme cadre de cette activité. Ils se sont engagés à maintenir un climat sain au sein de l‘établissement, en particulier pour les élèves filles.
Cette journée de sensibilisation s‘inscrit dans la dynamique de lutte contre les mariages d‘enfants et de promotion de l‘éducation des filles.
Reste désormais à transformer les engagements pris en actions concrètes, pour que l‘école demeure pour chaque jeune fille un espace de protection et d‘épanouissement.
RÉDACTION