La vice-ministre de l‘Intérieur, Sécurité et Décentralisation, Eugénie Tshiela Kamba, a accordé ce mardi une audience stratégique à Emmanuel Iza Kabukapu, président interprovincial de la Société Civile du Peuple, à son cabinet de travail à Kinshasa.
Au cœur des échanges, la situation sécuritaire et les différends persistants autour du lac Munkamba, à la limite frontalière entre le Kasaï Central et le Kasaï Oriental.
Le lac Munkamba, épicentre des tensions
Zone à forte valeur économique grâce à ses ressources halieutiques et agricoles, le lac Munkamba cristallise depuis plusieurs années des conflits fonciers et coutumiers. Le flou persistant sur les limites administratives issues du découpage territorial, conjugué aux rivalités entre chefferies et à la convoitise autour des redevances locales, a fait de cette enclave un foyer d‘instabilité intercommunautaire.
Une démarche inclusive et de terrain
Face à cette crise, la vice-ministre a opté pour une approche de proximité. En recevant un représentant direct des forces vives locales, elle entend collecter des données fiables et impartiales, loin des rapports administratifs parfois partisans.
Originaire de la région et parfaitement imprégnée des réalités du terroir, Eugénie Tshiela Kamba a réaffirmé la volonté du Gouvernement central d‘agir avec méthode, écoute et impartialité pour apporter des solutions durables et concertées.
Dialogue et fermeté
Tout en privilégiant la concertation comme levier principal de la paix, la numéro deux de la Territoriale a rappelé la fermeté de l‘État.
Conformément aux directives du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, relatives à la restauration de l‘autorité de l‘État, elle a martelé que le dialogue n‘exclut pas la rigueur :
« Le dialogue reste notre arme principale pour concilier les cœurs, mais l‘État ne transigera pas avec ceux qui instrumentalisent les communautés ou attisent les conflits pour des intérêts personnels. La justice fera son travail. »
Vers des actions concrètes
Saluant l‘ouverture d‘esprit et le pragmatisme de la vice-ministre, M. Emmanuel Iza Kabukapu a plaidé pour des actions urgentes sur le terrain.
Cette audience balise ainsi la voie pour la prochaine phase de la mission : des descentes techniques dans les territoires concernés, l‘évaluation de la gouvernance locale et la sécurisation des espaces intercommunautaires autour du lac Munkamba.
Une démarche qui redonne espoir aux populations locales en quête d‘une paix durable, condition sine qua non du développement socio-économique de cette partie de la République.
RÉDACTION