Après plusieurs mois de silence judiciaire, Constant Mutamba a fait une réapparition remarquée ce lundi 13 juillet 2026 devant la Cour de cassation. L’ancien ministre de la Justice et président de la NOGEC, actuellement détenu à la prison centrale de Makala, est arrivé au Palais de justice à bord d’une ambulance, sous assistance médicale, une image saisissante qui contraste avec celle de l’homme qui incarnait encore récemment l’autorité de l’État.
Cette fois, l’ancien garde des Sceaux comparaît comme prévenu dans une affaire de présumé détournement des fonds du FRIVAO, le mécanisme chargé d’indemniser les victimes de la guerre de six jours à Kisangani. Selon la citation lue à l’audience, il lui est reproché un détournement présumé de 14 999 300 dollars américains, une somme qui aurait été versée à une société au lieu d’être allouée aux victimes.
Dès l’ouverture des débats, les avocats de Constant Mutamba ont sollicité un renvoi afin de consulter le dossier et d’obtenir copie des pièces de la procédure. Malgré l’opposition du ministère public et de la partie civile, la Cour a jugé cette demande recevable et a renvoyé l’affaire au 27 juillet 2026, reportant ainsi l’examen du fond.
Au-delà du sort judiciaire de l’ancien ministre, ce procès s’annonce comme un test majeur pour la gouvernance des fonds publics et la crédibilité de la justice congolaise. Il ravive surtout les attentes des milliers de victimes de la guerre de Kisangani, qui espèrent que les ressources destinées à leur réparation seront gérées avec transparence et que toute la lumière sera faite sur ce dossier.
GODELIEVE CIBUABUA